samedi 18 mars 2006

Piazza delle Consolata, 5


Je me devais également de faire découvrir à Gisèle un autre haut-lieu des douceurs turinoises : le Bicerin. Il s'agit d'un tout vieux et minuscule café, né en 1763 : avoir pu y trouver une des huit petites tables en marbre blanc libre un samedi à 15h relève de l'exploit! L'on y sert une boisson douce-amère qui a donné son nom à l'endroit, à base de café, de chocolat, et de crème de lait. Un régal.

Les propriétaires successifs ont toujours gardé la décoration d'époque : un vieux parquet consumé par les pas des clients et protégé pourtant par des tapis rouges, eux aussi délavés par le temps, des murs aux bois clairs et légèrement travaillés, décorés de quelques vieux miroirs tachés, une porte en fer qui a bien du mal à se fermer, l'énorme machine à café sur l'antique comptoir, et derrière elle, les superbes bocaux remplis de pastilles Leone de toutes les couleurs.


A coté du café s'est ouvert un petit magasin. Là aussi résident merveilles pour les yeux et le palais : petits chocolats aromatisés ou non, nougats de toute sorte, grains de cafés enrobés de chocolat, divers thés, confitures, tartes et autres pâtes à tartiner. Et puis ces fameux gianduiotti qui laissent en bouche un arrière-goût d'amaretto. Les meilleurs de la ville, à mon avis.

Sur une étagère également, quantité de biscuits. Tous avec leur nom et leur histoire. Ainsi, comme me l'a expliqué la patronne, passionnée par son métier, les canestrilli di Borgofranco, dont la recette remonte au Moyen Age, étaient autrefois utilisés comme monnaie par l'Eglise, en échange de divers petits travaux. Ou encore ces petits biscuits ronds, parsemés de grains de sucre, et qui répondent au joli nom de polenta imprigionata, ne sont qu'une version du pauvre des biscotti de Meliga, qu'un artisan du Canavese avait tenté de copier. Voyant le résultat peu concluant, il eut l'idée de les "emprisonner" dans des petits grains de sucre. Son épouse les adora, puis peu à peu toute la région. Une recette était née...

Pour tous ces petits détails, et d'autres encore, le Bicerin restera - tout comme Olsen - un de mes repères turinois.

Serge

2 commentaires:

JP a dit…

Bon, je viens de réserver 2 billets d'avion... On retourne à Turin le w-e prochain! Je veux un Bicerin :-p

Gisèle a dit…

Ca y est: j'entends ce fameux plancher craquer, les conversations animées fuser et surtout, je sens le Bicerin à plein nez!
Encore un grand merci pour ce week-end plein de saveurs...
A très bientôt j'espère