lundi 12 juin 2006

Tout en rouge acidulé


Chaque jour je me levais avec un sourire jusqu'aux oreilles, et je rentrais à pas feutrés dans la salle à manger. Je poussais doucemement la porte de la cuisine, et lui demandais si l'écureuil était encore sur la terrasse. Car la légende raconte qu'au lever du soleil, un écureuil venait du bois tout proche lécher le salpêtre sur les briques rougissantes du petit muret. Hélas chaque matin je me levais trop tard : je ne l'apercevais jamais. Tout en me préparant un grand bol de groseilles du jardin, généreusement arrosées de sucre, elle me regardait de ses yeux clairs en souriant, et me disait qu'il faudrait me lever plus tôt le lendemain pour l'observer. Assis, les pieds croisés sous ma chaise, une grande cuillère en main, je nous promettais que je me lèverais avec les poules la matin suivant.

Des années plus tard, vers la fin du mois de juin, je déjeune toujours avec des groseilles - les grosses, celles du fond du jardin - enrobées de sucre. Et je repense à ma grand-mère, à son sourire, et à cet écureuil que je n'ai jamais vu...

Serge

1 commentaire:

JP a dit…

Dis, je ne voudrais pas mettre à mal tous tes espoirs... Mais tu es sur qu'il ne s'agissait pas plutôt d'un truc pour te faire lever tôt ? ;-)

Note que je ne suis pas sur que ça fonctionnerait encore à l'heure actuelle. Enfin quoique... :-D